La Nuit DakYrienne (Roman) : écriture lycéens BEP, 2003-2004

ÉCRITURE Et ÉDITION : Paru chez Culture Francophone, en juin 2004.

Roman de science-fiction et de mythologie, écrit par 24 élèves de BEP industriel, sous la direction de Sandrine LMH, duran20151222_102858t l’année scolaire 2003-2004.

En 3030, les terres recouvertes d’eau depuis le dernier Déluge, le monde n’était plus qu’une multitude d’îlots, d’archipels et d’îles peuplées de paisibles manfbouts (humains). DakYra était la capitale des Terres Inondées de l’Ouest, célèbre pour son Scootbouslim souterrain, le plus spectaculaire des circuits de scootépés. Depuis des siècles, la pais régnait sur DakYra, jusqu’à ce qu’un célèbre champion de lamaiting (courses de scootépés) l’entraîne dans sa chute. le mal s’insinua dans la ville, alors qu’un mal plus grand encore s’étendait au large de la capitale. Phanfec Spitfire, monpriseret (policier) et ancien trusabo (soldat), va refuser l’inéluctable. Contre Lagadec et son complice Arcassi, contre l’Empire et la Dictature, contre son propre découragement, Spitfire va devoir lutter. Par quelles rencontres mythiques, par quelles aventures fantastiques, Spitfire et ses compagnons de résistance devront-ils passer pour regagner l’Espoir perdu ?

Cela débute comme un récit de science-fiction aux aspects de roman noir, mais bientôt vous plongerez dans une histoire fantastique aux échos de légendes. Récit de crimes et de violences, de trafics de drogue, de batailles aériennes, de faits de résistance, d’histoires d’amour, de mythologies originelles, cette histoire est l’étonnante création de vingt-trois garçons et d’une fille, élèves de BEP industriel. Ils y ont inventé un vocabulaire inventé et mêlé leurs imaginaires, leurs univers et leurs cultures : des références cinématographiques aux sources de nos civilisations, en passant par le jeu-vidéo et les préoccupations écologiques et politiques. c’est aux valeurs de solidarité, de partage et de tolérance que ce récit fait appel, après avoir exorcisé tous les fantasmes et toutes les violences possibles de l’humanité.

Couverture : Fabrice Lavergne, professeur d’Arts Plastiques au lycée Ampère.

Ce roman a été adapté au théâtre, mis en scène, en son et en lumière, en mai 2005, au Centre Culturel de Josselin, par la Compagnie des Compères (atelier théâtre du lycée Ampère de Josselin) dirigée par Sandrine LMH, avec le soutien de l’ADEC56 et Alain Rault.

Extrait du roman :

PREMIÈRE PARTIE

La chute de DakYra
I
DakYra, capitale du Scootépé

Etait-ce au premier crime de Jénold Arcassi ou à la tuerie du Scootbouslim que tout avait commencé ?
Phanfec Spitfire était encore mompriseret (policier) à DakYra, la ville moderne, la célèbre capitale du Scootépé .
Il faut se souvenir de cette époque, au début des années 3030. L’eau était, depuis quelques siècles, maîtresse du monde. Rappelle-toi ces îles, ces villes flottantes ou sous-marines, ces cités lacustres, ces villages au milieu des marécages, ces étangs clapotants, ces rivières descendant des forêts profondes que personne n’osaient plus pénétrer. L’eau douce mêlée à l’eau salée, paysage vert-gris-bleu où les manfbouts (hommes) avaient su s’adapter et vivre en harmonie. Rien alors, ni dans l’air, ni dans l’eau ne préparait le monde à ce nouveau cataclysme.
Spitfire ne comprend pas comment, par quel mal profondément enfoui, tout a pu aller si vite et si loin. Il y avait eu Jénold Arcassi, Lafonfec Lagadec. Le crime du lamaiting (course). La mort d’Ebony et d’Ivony. Ce jour-là, oui, il s’en souvient, il entendit parler pour la première fois de la Coalition.
– Spitfire, avait dit son chef, pas de temps pour le deuil, on les honorera plus tard, si on a le temps, si on peut. Vous avez été trusabo (soldat), dans l’armée de l’air. On a besoin de vos services, mon gars. Vous étiez un bitmatif (champion) en votre temps, alors montrez-nous de quoi vous êtes encore capable.
Il avait ajouté : « Désolé pour votre arbreresse (épouse) et votre farita (fille). »
Puis cette guerre éclair avait tout emporté. La Coalition des villes du Milieu était trop puissante. Le pouvoir donné par l’Empire aux cunitabruts (criminels) avait plongé DakYra dans l’enfer apocalyptique. Spitfire lui-même avait sombré dans le néant. Parce que plus rien n’avait plus de sens.

Imagine-toi d’abord, ce monde paisible, couvert d’eau ; ces villages de faibineurs (jardiniers) et de pêcheurs, petits hameaux sous les chutes d’eau, petites maisons aux murs de coquillages et aux toits de corail ; ces îles reliées entre elles par des tunnels sous-marins, des ponts suspendus ou encore par les aéroglisseurs supersoniques ou des jets-skis personnels ; ces immenses villes sophistiquées, sur des espaces d’océan, visibles à des lunes sur le vaste horizon, entourées de murailles légères et très résistantes qui leur permettaient de flotter ; ces globes lumineux perceptibles de la surface de l’eau, abritant les « villes océaniques » habitées par les passionnés de la vie aquatique. Ces globes étaient probablement faits de verre résistant à la pression et alimentés par des usines d’oxygène flottantes. Phanfec Spitfire n’y était jamais allé, il savait seulement qu’on y accédait par des vaisseaux sous-marins de la taille et de la forme d’une baleine.
De toutes ces villes, DakYra faisait la seule fierté de Spitfire. Sa ville, celle où il avait vécu, où il avait connu Ebony, où leur farita8 était née, où il avait fait cette belle carrière de mompriseret (policier), après son service rendu à l’armée. La ville formait la majeure partie d’une presqu’île, reliée à la côte d’un vaste continent englouti. Il ne restait de la côte qu’une large bande de terre, de quelques dizaines de lunes de large et de quelques centaines de long, couvertes de marécages, d’étangs, de petites villes de faibineurs (jardinier) entourées de leurs champs et rizières, de villages pittoresques de pêcheurs et de forêts infranchissables. […]

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